Après ma semaine à Séoul, j'ai rejoins la ville de Sokcho et son bord de mer sur la côte Est. Malgré quelques bouchons, le voyage fut sans encombres, le confort des cars ici n'a rien à nous envier.
Le Mont Seorak ( Seaoraksan, également appelée mont Seolsan ou encore mont Seolbongsan ) au pied de Sokcho est un lieu de pèlerinage et randonnée particulièrement prisé par les séoulites. Cap Corée, mon agence de voyage, m'avait prévenue en me guidant à la station de bus, je ne regretterai pas ce détour. Arrivée sous un des kiosques face à l'ocean je suis déjà convaincue.

6h. Au pied de mon auberge The House Hostel ( dont les hôtes sont adorables !! ), j'attrape un des premiers bus vers le mont Seorak sous un soleil encore timide. Je ferai route avec deux nouvelles amies rencontrées la veille dans notre dortoir.

Note : pour prendre le bus, rien de plus simple avec un pass T-money ( facile à recharger aux superettes ). Cette carte magnétique peut servir à la fois de système de paiement, de carte de bus/métro et de règlement pour les taxis.

Fait étonnant : La Corée du Sud n'étant pas cartographiée sur google map pour des raisons de sécurité nationale, le seul lieu où il est possible d'accèder à la fonction GPS est Sokcho. La ville voit donc affluer des cars entiers d'adolescent ( et autres ) en quête de réseaux pour jouer à Pokemon Go. La chasse est ouverte !

Sogongwon Park

Après une petite heure de bus dans la montagne, nous arrivons sous la bruine à Sogongwon Park, l'entrée principale du site. L'entrée coûte 3500 wons ( soit environ 2,7 euros ). Passée la foule de randonneurs et la première porte nous continuons humidement vers le coeur du parc, d'où partent les différents chemins de randonnée. Nous croiserons sur la route un des plus grand Bouddha noir du monde. Rien que ça ! Je fais une prière pour le temps.

Au loin les pics déchirent les nuages. Nous ne pourrons pas, hélas, profiter de la vue du haut du téléphérique, nous nous retranchons donc vers le temple de Shinheungsa.

Pour information l'entrée du parc est composée de plusieurs abris et restaurants, il est donc tout à fait possible de se restaurer avant de partir sur les sentiers.

Complexe de temples de Shinheungsa

Dans les
oreilles

KIM YOON AH ( 좋은 노 ) – 2집 유리가면 – When spring comes ( 봄이 오면 )

En route vers Biseondea

Alors que nous marchions dans les bois menant à Biseondea ( chemin de randonnée montant dans la montagne ) la pluie s'arrête. Et notre cœur avec elle. Cascade de feuilles or et rouge, cascade tout court. Les petits chemins de forêt déversent en masse familles colorés aux k-way fluos assortis au paysage. Je n'avais jamais vu autant d'entrain et de différences d'âge sur un trek. Le long de la rivière nous remontons vers la cascade. Sous le couvert des arbres s'improvisent les pique-niques.

Je n'ai pas encore trouvé la signification des gravures mais je penche pour des prières 🙂 Partout tu verras aussi de petits empilements de pierre, prend garde à ne pas en faire tomber ! Chaque caillou représente un vœu vertueux fait par un passant qui a rajouté sa pierre.

Arrivées au pic après 4km, mues d'un courage candide nous continuons vers la grotte de Geumganggul. Si on me le repropose je dis non direct.
Au long de la montée, les arbres se penchent pour vous aider à grimper (surement pris de pitié). 600m de dénivelé en pentes rocheuses dans les bois. Surprise, après ses marches minérales, un immense escalier rouge (toujours aussi raide mais on avance). Premier palier pour reprendre son souffle. Les randonneurs nous encouragent : "ce n'est plus très loin, fighting !" 2ème puis 3ème volée d'escalier. Quelques marches et enfin nous y sommes. Une grotte minuscule abritant un sanctuaire et son unique moine gardien.

Premier palier avant le temple-grotte

La vue fait oublier la douleur. Au loin, bien loin, courent les cascades du début. Nous nous recueillons un instant auprès des statues de cette antre du divin. Devant notre fatigue, un randonneur nous offre même des chocolats. Merci !! 🙂

Bien qu'il fut si lourd de se porter jusque là, le cœur est léger à redescendre. Nous avons dû y laisser quelque chose. Était-ce au moment de retirer ses chaussures dans l'enclave ?

Dans les
oreilles

Lee Seung-Yeon ( 이승열 ) – Signal OST- As Flower Blooms ( 꽃이 피면 )

Une fois redescendues, nous arrêtons manger un morceau aux cahuttes de l'entrée du parc. Encore une découverte épicée. Le pancake aux oignons vert est délicieux malgré son souvenir brulant.

Nous n'avons fait qu'une sortie d'une journée, mais quand le soleil est plus clément, il est possible d'aller admirer les cimes et de loger dans des abris prévus pour les randonneurs. Nous n'avons parcouru qu'un 10ème de l'étendue du parc.

Je laisse Anna et Duang au sortir du bus. J'espère les revoir un jour.

Vu à Sokcho : essuie glace de fourgon avec des petits gants pour battre au rythme de la musique qu'il scande.

Douche chaude. Faire son sac. Retour en ville. Le temps se faisant doux je prolonge la balade jusqu'à Abai Village, mini ville sous un pont (lieu de tournage célèbre de kdrama). Rien de bien fou. La magie repose dans l'unique moyen d'accès : un bac à remontée manuelle. Tu prends ta pique/levier et tu tires sur le câble qui traverse le bateau. Le passeur sourit et chacun est invité à donner un coup de main. Magie de la mécanique.

Un dernier au revoir à la mer et je reprends la route.

Traversée vers Abai Village